L'écologie dans le Douaisis, avec et pour vous !Nicolas Froidure

Usine Envision : clôture de la concertation

Signalisation de la réunion de clôture de la concertation d’Envision

Hier, je me suis rendu à la réunion de clôture de la concertation publique à propos de l’usine de production de batteries électriques Envision. L’occasion de revenir sur quelques points que j’ai évoqué dans ma réponse à cette dernière.

La réponse qui m’a été fournie (reproduite en fin d’article), m’a paru un peu légère, voire parfois à côté de la plaque, et je suis donc revenu sur les points qui selon moi devaient être abordés.

Arrivé un peu en retard, le temps de quitter le travail, certaines de mes questions n’ont pu être posées, je les poserai ici et via l’enquête publiques qui aura lieu du 16 août au 19 septembre 2022 et dont le lien de participation est déjà en ligne.

Il sera important d’y reprendre vos propres interrogations même si elle ont été posées lors de la concertation car celles-cis ne seront pas reprises. Des permanences seront tenues dans les mairies de Gavrelle, Lambres-lez-Douai, Cuincy et Brebières. Aucune à Douai, malgré son statut de ville centre et sa proximité, ce qui me semble un peu dommage.

Peu d’élu·es présent·es à cette concertation, Bernard Goulois, maire de Lambres, et Guy Caruyer, conseiller municipal écologiste de Douai, ont cependant assisté à toute la réunion. À noter aussi, le passage en coup de vent du Maire de Douai (Frédéric Chéreau) en fin de réunion qui a pris la parole succinctement : “on a envie de ce projet, on est heureux de l’accueillir”.

Je ne partage pas cet enthousiasme, je pense que nous devons redoubler de vigilance, c’était le sens de mes participations et demandes d’éclaircissement lors de cette réunion. Personne n’a décemment envie de vivre à côté d’un site SEVESO seuil haut, on “fait avec” et on garde un œil dessus.

Sur l’énergie 🔗

Photographie de la réunion de clôture de la concertation d’Envision

Ma première intervention a concerné la consommation énergétique et sa modulation. En effet, l’usine de batterie procédera, en sus de sa production, à des cycles de charge/décharge et également à une charge partielle des batteries.

Je pense que cela peut-être une opportunité de réguler la consommation énergétique de l’usine et de consommer intelligemment l’électricité en fonction de son emprunte carbone à la production (il est possible de la suivre en temps réel et programmatiquement).

J’ai également évoqué la possibilité de ne pas faire fonctionner l’usine la nuit afin de produire des batteries (ou simplement procéder aux charges/décharges) principalement durant les pics de production d’électricité.

Nous n’avons malheureusement pas eu d’engagement sur ces points. L’usine tournera en pleine capacité 24h/24 pour répondre à la demande de Renault. Mon sentiment est que la participation à la "décarbonation du transport" par la fabrique de batterie semble être un faire valoir permettant de se dédouaner de toute autre action de lutte contre le réchauffement climatique.

Je vais ré-évoquer ces points lors de l’enquête publique en précisant mon propos : en cas de baisse de la demande temporaire, il devient possible d’aménager une telle stratégie.

J’ai également rappelé que des panneaux solaires ne seraient pas de trop sur les toits des unités de fabrication ou en ombrières sur les parkings. Cela serait à l’étude, dont acte. Toujours selon les personnes organisatrices de la réunion, les panneaux solaires présents actuellement sur le site seront déplacés et non mis au rebus.

Il m’a été signifié à plusieurs reprises que les panneaux solaires ne seraient pas suffisants pour alimenter l’usine. J’ai été frappé par le manque de vision globale : il ne s’agit pas de faire de l’auto-consommation mais de s’adapter au réseau dans lequel l’usine s’intègre. L’énergie solaire peut-être produite ailleurs, par d’autres acteurs, ce n’est pas le sujet.

En revanche, consommer intelligemment l’énergie, c’est précisément le sujet. Le directeur a assuré que la gestion de la consommation était rationalisée, ce dont je ne doute pas, mais une fois de plus, uniquement sur un signal "prix", pour le signal "vie", on a encore de la marge.

Pourtant, l’effacement de la consommation électrique dans un contexte de pénurie énergétique comme celui que nous risquons de connaître cet hiver est crucial surtout, comme cela a été rappelé, quand on consomme 400MW.

Sur l’emploi 🔗

Affiche Electricity, 700 emplois, durée 12 mois

C’est l’argument massue ; la création d’emploi. C’est effectivement, une aubaine dans un territoire où le chômage est élevé, c’est une des raisons pour lesquelles je suis favorable à ce projet (avec le fait que je pense préférable de contrôler notre pollution ici, plutôt que de l’exporter ailleurs dans des pays sans réglementation).

Mais j’ai tout de même rappelé que l’emploi en CDI était d’une importance capitale. Facteur d’intégration (pour louer un logement, contracter un crédit immobilier...), de sérénité et de sécurité, le contrat à durée déterminée devrait être la règle plutôt que l’exception.

Dans ma participation j’avais suggéré une proportion de 90% de CDI. La réponse botte en touche : pas de proportion déterminée à ce jour. Le responsable des ressources humaines a évoqué le défi que représentait le recrutement de technicien·nes de maintenance et qu’il faudrait faire preuve d’attractivité et également former ces salarié·es sur le long terme.

La conclusion fût donc que ces emplois seraient "massivement en CDI". Nous jugerons sur pièce, en portant notre attention sur les autres emplois du site dont le marché est moins tendu : gardien·nes, agent·es d’entretien, secrétaires...

Je suis tout de même circonspect, étant donné que sous les voûtes du même Hôtel de Ville où se tenait la réunion, on pouvait voir une communication de pôle emploi parlant de 700 emplois d’agent·es de production pour 12 mois.

En suspend 🔗

Malheureusement, je n’ai pas pu évoquer toutes mes réactions à la réponse écrite qui m’a été fournie.

Notamment concernant le format et les protocoles de charge/décharge et leur standardisation pour être changées aussi simplement qu’une batterie de véhicule thermique.

Une partie de la réponse m’a notamment étonnée sur la durée de vie des batteries : “A plus long terme, et étant donné qu’une batterie dure plus longtemps qu’une voiture, il sera également possible d’utiliser les batteries de voitures usagées et de les réutiliser pour d’autres usages, comme le stockage stationnaire.”.

Mes recherches sur le sujet disent le contraire, une batterie électrique durerait entre 10 et 20 ans. Propriétaire d’un véhicule datant de 2004 et pas près de m’en débarrasser, j’avoue que je suis très dubitatif (d’autant qu’un moteur de véhicule électrique est littéralement increvable, plusieurs millions de kilomètre !).

Le pire serait que l’on se retrouve avec des véhicules dont la batterie serait irremplaçable à l’image de certains smartphones programmés obsolescents dès leur sortie d’usine.

Mes interrogations sur le cycle de l’eau restent à éclaircir puisque la réponse fournie à mes inquiétudes sur l’évaporation parle de circuit fermé. Or, l’eau filtrée serait tout de même rejetée dans la Scarpe, pourquoi ne pas simplement la réutiliser si elle a été purifiée ? Probablement une histoire de concentration en polluants, mais lesquels et à quelle fréquence ? Des questions que je poserai à nouveau.

En conclusion 🔗

Photographie de Michel Froidure défournant le dernier coke à la cokerie d’Auby

C’est François-Xavier Bieuville, sous-préfet de Douai qui a clôturé la réunion :

“Pour ce projet, l’État se pose en gardien des grands équilibres.

Équilibres politiques, avec la nécessité d’une vie démocratique garantie dans la transparence. On peut conclure que l’enquête a permis de nourrir les interrogations de nos concitoyens pour connaître le projet et l’accepter.

Équilibres territoriaux avec un projet qui impacte le territoire dans sa physionomie : logement, attractivité, mobilité.

L’État s’est engagé pour être au rendez-vous de ces grands équilibres : programmation de logements (bailleurs sociaux), gestion des aspects environnementaux : faire en sorte que l’environnement soit préservé avec des mesures de compensation.”

Je pense que l’État remplit une fonction importante, mais que seul·es les citoyen·nes peuvent être les véritables garant·es des équilibres : iels vivent la réalité de leur condition au quotidien, bien des politiques et hauts-fonctionnaires se succéderont avant que nous puissions dire que notre territoire est exempt de toute pollution.

Loin de moi l’idée de dire qu’il faut cesser toute pollution, aucune industrie est totalement neutre de ce point de vue, mais ce constat ne doit pas nous empêcher de limiter au maximum ces effets et d’éviter de nous lancer dans des aventures industrielles sans lendemain. Le contrôle citoyen, au delà des belles paroles, doit œuvrer sans compromis.

D’ailleurs, pour illustrer ce paradoxe, petit clin d’œil à mon grand-père, Michel Froidure, que je n’ai malheureusement pas connu. Il a dirigé la cokerie d’Auby dont la pollution est sûrement encore palpable aujourd’hui alors que les retombées économiques sont terminées depuis que mon grand-père a baissé ce levier.

Merci à Virginie Malolepszy qui m’a envoyé cette photographie depuis le Centre historique Minier de Lewarde.


Réponse d’Envision à mes diverses questions :

Bonjour monsieur, nous vous remercions pour votre contribution à la concertation.

Concernant les risques industriels :

L’usine est précisément classée SEVESO seuil haut en raison de la nature et la quantité de produits stockés sur le site. Le processus de fabrication des batteries et notamment des cathodes, nécessite en effet la gestion et le stockage de composants spécifiques : des poudres d’oxyde métallique (dont du lithium), du graphite et de l’électrolyte. L’étude de dangers dont la méthodologie consiste à analyser l’ensemble des dangers pouvant survenir sur le site, pour lesquels tous les scénarios de mise en œuvre sont détaillés, est en cours. A partir de ces données, des modélisations seront réalisées pour étudier les effets de ces potentiels scénarios et déterminer si les risques sont maîtrisés. A l’heure actuelle les scénarios majorants se centrent sur le risque incendie, notamment sur les lieux de stockage des matières, ainsi que sur le risque d’explosion des citernes de produits inflammables.

Les mesures de sécurité à prendre dépendront de l’étude de dangers. En tous les cas, il n’y aura pas d’effet dangereux en dehors des limites de propriété du site et donc pas de zone de restriction d’habitation ou autre à proximité de l’usine.

Conformément à la règlementation en vigueur, en tant qu’installation classée SEVESO seuil haut, l’usine sera soumise à une surveillance renforcée des services de l’Etat qui procéderont à des contrôles réguliers et inopinés. Ces contrôles garantissent aux habitants le respect des mesures de prévention.

Par ailleurs et comme il se doit, Envision AESC intègrera dans son système de management de la sécurité et/ou son système qualité l’ensemble des procédures et prescriptions liées au classement SEVESO seuil haut : politique de prévention des accidents majeurs (PPAM) mise à jour tous les 5 ans ; étude de dangers mise à jour tous les 5 ans ; système de gestion de la sécurité (SGS) tenu à jour en continu ; plan d’opération interne (POI) mis à jour dès que nécessaire et à minima tous les 3 ans ainsi qu’un exercice grandeur nature annuel.

Pour les habitants, ce sont les communes qui devront les informer des risques qui existent sur leur périmètre sur la base du document d’information communal sur les risques majeurs (celui-ci ne devrait d’ailleurs pas évoluer avec l’arrivée de l’usine d’Envision AESC).

Concernant les risques pour la santé :

L’usine sera implantée dans une zone industrielle où la qualité de l’air est surveillée. Si la principe hypothèse pour l’approvisionnement est celle de l’utilisation de camions, l’hypothèse d’un transport par voie ferrée est également à l’étude. Les matières seront transportées et stockées conformément à la réglementation. Leur transport s’effectuera dans des citernes 100% hermétiques. Il n’y aura pas de stockage en quantité importante unitaire de ces matières. Il s’agira de sacs (big bag) à double enveloppe étanches. Un seul sac sera manipulé à la fois. Ces matières seront ensuite mélangées à du solvant dans un mélangeur où le caractère pulvérulent des oxydes n’aura pas de raison d’être. Les deux familles de substances principales susceptibles d’être émises par la future usine sont les poussières métalliques et des COV (composés organiques volatils). Concernant ces derniers, il s’agira des composés contenus dans les produits utilisés, principalement du solvant organique NMP, du solvant de l’électrolyte (du diméthyle carbonate, de l’ethyl methyl carbonate), ainsi que du produit des installations de nettoyage des installations d’electrolyte : le Diethyl carbonate. Certains de ces COV peuvent avoir des effets sur la santé, c’est pour cette raison que les valeurs limites d’émission autorisées sont extrêmement basses. La règlementation sur les normes de rejets s’appliquera bien évidement sur l’ensemble des émissions. Les poussières seront traitées par des filtres HEPA, dits filtres « absolus », permettant le traitement de plus 99% des particules. Le solvant NMP sera récupéré à plus de 99% avant d’être envoyé en purification. Le traitement de l’électrolyte injecté dans les cellules et celui des colles reste encore à définir. Des évaluations de l’état initial de la qualité de l’air et des sols aux alentours du site prochainement réalisées seront mises en corrélation avec les émissions estimées, pour valider la compatibilité du site avec les valeurs de référence pour la santé. Les bâtiments abritant le lithium seront en effet conçus de manière à prévenir les risques d’exposition : atmosphère contrôlée, filtres absolus. Ces filtres ont une efficacité de filtration de 99,98%. Les 0,02% restant est suffisamment faible pour rester bien en dessous des valeurs d’émission. Cela dit, ils seront bien évidement pris en compte dans les études de risques sanitaires. Les filtres en fin de vie seront dirigés vers les filières de traitement spécialisées.

Concernant les risques pour l’environnement :

L’étude d’impact est en cours et sera finalisée pour le dépôt des demandes d’autorisation prévu fin février 2022. Elle sera également rendue publique lors de l’enquête publique sur le projet, qui se déroulera entre juin et juillet 2022.

Toutefois, vous pouvez trouver les éléments identifiés à l’heure actuelle dans le dossier de concertation dans la partie 5 (à partir de la page 49) consacrée à la démarche environnementale. Voici le lien pour télécharger le document.

Pour répondre à vos questions liées au processus de fabrication au sein de la future usine, il s’organisera en 3 étapes : fabrication des électrodes, fabrication des cellules, fabrication des modules. Une fois la cellule cuite et l’électrolyte (substance conductrice contenant des ions mobiles) injecté, la cellule subit une série d’actions, dont le dégazage. En effet, la décomposition de l’électrolyte lors de son premier contact avec les matériaux d’anode génère des gaz qui doivent être éliminés. Ils seront rejetés dans l’atmosphère, après adsorption sur filtre à charbon actif.

Concernant votre question sur le refroidissement en circuit fermé de l’usine, il a été décidé d’abandonner l’idée d’un circuit fermé avec une tour ouverte au bénéfice d’un circuit fermé avec des tours fermées. Il n’y aura donc pas d’évaporation de l’eau de refroidissement.

Quant à l’unité de filtration d’eau de Renault qui serait utilisée par Envision AESC il s’agit de la filtration avant utilisation. Les eaux seront puisées dans le canal de dérivation de la Scarpe. Après cette première filtration, elle en subira d’autres plus fines pour en faire de l’eau déionisée nécessaire pour la production de batteries. Envision AESC a en effet étudié la possibilité de récupérer et utiliser dans ce cadre des eaux de pluie. Étant donné que le processus de fabrication de batterie nécessite des quantités et une qualité d’eau stables, il parait difficile d’obtenir cette stabilité avec la récupération des eaux de pluie.

Ces eaux sont utilisées pour la production de l’anode, il a été finalement décidé de les récupérer et traiter sur place avant rejet dans le milieu naturel, conformément aux normes en vigueur et avec à la fois des contrôles réguliers de la part de l’exploitant, et des contrôles inopinés de la part des services de l’Etat réalisés par des prestataires indépendants. Le bilan hydrique du site concernant ces eaux industrielles sera quasiment neutre.

Concernant la qualité de l’eau :

Les eaux potables seraient alimentées par la société Noréade. Les eaux sanitaires seraient évacuées dans le réseau des eaux usées via le système existant de Renault. Les eaux industrielles (eaux purifiées en production pour la fabrication de l’anode) seraient issues de l’eau prélevée à la Scarpe en collaboration avec Renault ou de l’eau potable (Noréade) puis seraient traitées et rejetées dans la Scarpe, à l’aide du conduit en aval de la station d’épuration de Renault. Envision AESC aura ses propres moyens de contrôle de la qualité des eaux industrielles usées, indépendamment de Renault, et la qualité des rejets sera conforme à la réglementation. La qualité de l’eau étant contrôlée pour la fabrication de l’anode, il n’est pas envisageable d’utiliser deux sources d’eau très différentes, à savoir l’eau de la Scarpe et les eaux pluviales. Par conséquent, les eaux pluviales ne pourront pas être utilisées dans le process. Dans le cadre de mesures pour l’économie d’eau, Envision AESC mettra en place des tours aéroréfrigérantes avec des eaux de refroidissement qui seront récupérées, recyclées et réinjectées dans le circuit. Il n’y aura pas de mélange des eaux de refroidissement et des eaux provenant de l’évaporation de l’anode.

À ce stade, il n’est pas prévu de construire une station d’épuration biologique des eaux usées spécifiquement pour le projet.

Concernant les conditions de travail :

Le rythme de production sera adapté aux commandes. Aussi, le travail posté doit permettre d’atteindre la production de 9 GWh prévue pour la première phase du projet. A ce stade de réflexion, il est prévu que l’usine fonctionne entre 20 à 24h par jour, au même titre que la plupart des installations de ce type, afin d’optimiser les ressources disponibles (terrain, infrastructures, machines, etc.) et de répartir les flux de circulation sur une plage horaire plus importante. Dans la phase 1 de son fonctionnement (capacité de production de 9 GWh), la future usine travaillerait en 5x8 plus une équipe normale. Les réflexions sont encore en cours sur cette question en lien avec les services de l’Etat. Concernant la sécurité des salariés, la classification SEVESO seuil haut de l’usine nécessitera bien évidemment la mise en place d’un système de management adapté, intégrant notamment un plan d’opération interne et un système de gestion de sécurité. La manipulation des matériaux dangereux se fera de façon mécanisée, dans une enceinte séparée des opérateurs, afin d’empêcher tout risque sur la santé pour les salariés du site. Le suivi médical des opérateurs répondra aux exigences du Code de travail. Quant aux besoins en électricité, la production des batteries nécessite d’importantes ressources en électricité, les panneaux photovoltaïques n’étant qu’un complément. Pour ce qui est du type de contrat, le propostion des CDI et des CDD n’est pas encore déterminée. Il est cependant à noter qu’Envision AESC cherche à intégrer les salariés de façon pérenne.

Concernant vos propositions d’objectifs à porter en rétribution des contributions publiques au projet :

Selon les estimations, l’effectif de l’installation lors de la mise en service en 2024 d’une capacité de 9 GWh comprendrait entre 1 000 et 1 200 emplois avec environ 750 opérateurs de production, 250 techniciens en maintenance et qualité, 100 ingénieurs et cadres. Après une potentielle extension de l’usine à l’horizon 2029, l’effectif passerait à 3 000 emplois ou plus. Il s’agit bien d’emplois localisés dans le Douaisis puisque l’usine sera installée sur l’ancienne emprise du site Georges Besse de Renault. Pour chaque métier, des formations adaptées seront proposées en amont de la prise de poste puis au sein de l’entreprise, en partenariat avec le Conseil régional, le monde académique et les acteurs de l’emploi comme Pôle Emploi, PLIE, Mission locale afin que cette nouvelle filière industrielle bénéficie à l’ensemble du territoire. Il s’agira de développer de nouvelles compétences, par exemple dans le domaine de la chimie des poudres, de l’électronique, de la maintenance d’installations robotisées complexes, de l’intelligence artificielle et du big data. Ces formations seront accessibles au public en reconversion avec de surcroît une volonté des industriels de féminiser les équipes et de valoriser l’acquisition des compétences par la formation tout au long de la vie professionnelle. Le projet participera également à soutenir et développer l’activité de l’usine Renault Georges Besse de Douai. Il est ainsi prévu le recrutement de 700 salariés en CDI de plus sur l’ensemble des trois usines du pôle ElectriCity (Douai, Maubeuge et Ruitz). En matière de formation, le groupe Renault va créer à Douai la Renault Electric University, un centre de formation dédié aux nouveaux métiers et aux nouvelles compétences pour accompagner la transition du secteur vers la mobilité électrique.

La future usine de batterie Envision AESC produira uniquement des cellules et modules pour batteries lithium-ion, qui équipent aujourd’hui la quasi-totalité des voitures électriques. Elle n’y produira pas de batteries au plomb.

La demande d’autorisation d’exploiter portera sur un fonctionnement à plein temps de l’usine (entre 20 et 24h par jour) et pour l’ensemble des phases, afin de mesurer les impacts maximaux de l’installation et de prendre les mesures adaptées pour y répondre. La règlementation impose en effet de prendre en compte les projets dans leur version maximale. Pour cette raison, il n’est pas prévu d’analyse spécifique de l’impact d’un seul fonctionnement en journée de l’usine. Comme cela a été précisé précédemment, les panneaux solaires ne suffiront pas à assurer les besoins en électricité du site, même en journée. Il sera nécessaire de raccorder la future usine au réseau électrique pour satisfaire les besoins en électricité et disposer d’une électricité constante et fiable.

Tant que l’usine Georges Besse de Renault sera le seul acheteur d’Envision AESC, les expéditions seront réalisées directement entre les deux sites mitoyens, en évitant d’utiliser les voiries publiques, Cette configuration est un atout majeur pour l’implantation de la future usine. En complément, votre proposition de chariots électriques pourra être étudiée par les porteurs de projet. En prévision des commandes futures, Envision AESC étudie également la possibilité d’utiliser le raccordement ferroviaire situé sur le site pour l’approvisionnement et la réexpédition des modules, notamment vers l’Allemagne et/ou l’Europe centrale.

Les cellules et modules de batteries produites par Envision AESC dans l’usine du Douaisis seront destinées à Renault, à d’autres constructeurs automobiles, mais potentiellement à des installateurs de batteries stationnaires. A plus long terme, et étant donné qu’une batterie dure plus longtemps qu’une voiture, il sera également possible d’utiliser les batteries de voitures usagées et de les réutiliser pour d’autres usages, comme le stockage stationnaire. Concrètement, cela signifie qu’elles pourraient être utilisées pour faciliter la gestion de l’équilibre entre la production d’électricité renouvelable, très volatile, et la consommation. Les batteries deviendraient des sources d’énergie mobiles et bas carbone utilisables à tout moment, qui pourraient réinjecter l’électricité stockée dans le réseau électrique.

Le transport des matières telle que l’électrolyte, de nature inflammable, sera réalisée dans des conteneurs spécifiques et via des tuyaux étanches raccordés directement à l’usine. Des mesures de protection sont bien entendu prévues pour le transport de ces éléments, y compris dans la conception des bâtiments.

Les substances susceptibles d’être émises par l’usine dans l’air sont étudiées dans l’étude d’impacts, les trois substances principales sont les poussières métalliques, le solvant NMP, des COV (composés organiques volatils). La règlementation sur les normes de rejets s’appliquera. Le contrôle des émissions de polluants, et plus largement des impacts environnementaux d’une installation industrielle relève de la compétence des services de l’État, qui ont un rôle de police de l’environnement, et non de la communauté d’agglomération. Du fait du classement IED (directive européenne relative aux émissions industrielles) et SEVESO seuil haut, le site fera l’objet de contrôles extérieurs très fréquents de la part de la DREAL : inspections annuelle, inspections sur l’air, l’eau, les déchets, vérifications suite à de précédentes inspections, etc. La Commission de Suivi du Site (CSS) qui sera mise en place réglementairement lors de mise en service de l’usine permettra d’informer l’ensemble des parties prenantes, dont les collectivités locales, le riverains et les associations, des émissions réelles constatées pour chacun des polluants. Concernant les matières dangereuses, cette information se fera en conformité avec la règlementation (Instruction du Gouvernement du 6 novembre 2017 relative à la mise à disposition et aux conditions d’accès des informations potentiellement sensibles pouvant faciliter la commission d’actes de malveillance dans les installations classées pour la protection de l’environnement).

Pour le transport des salariés, des mesures incitatives en faveur du covoiturage, du véhicule électrique et des modes de déplacement doux sont d’ores et déjà prévues : places de stationnement dédiées, stationnement couvert pour les vélos, etc. Votre proposition de mise en place du forfait mobilité durable s’inscrit dans la volonté d’Envision AESC d’encourager les mobilités douces et les transports collectifs et sera étudiée par la société d’ici la mise en service de l’usine.

Publié le 7/7/2022, 10:00:00 AM.

Commenter cet article :
Facebook - Twitter - S'abonner

Retour